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Régularisation en année incomplète : le calcul que les parents ratent

Quand l’accueil est programmé sur 46 semaines ou moins, le salaire est lissé sur 12 mois. À la rupture, des heures déjà travaillées peuvent ne pas avoir été payées : la convention impose de les régulariser. Voici la méthode exacte.

Pourquoi la mensualisation crée un décalage

En année incomplète — accueil programmé sur 46 semaines ou moins par période de 12 mois, typiquement quand les parents ont des congés ou que l’enfant est gardé hors vacances scolaires —, le salaire est lissé : la formule de la convention collective (salaire horaire brut × heures par semaine × semaines programmées ÷ 12) garantit la même mensualité toute l’année, que le mois compte cinq semaines d’accueil ou aucune. Ce confort de gestion a une contrepartie mécanique : à un instant donné, les heures déjà payées ne coïncident presque jamais avec les heures déjà travaillées. Sur une année entière le décalage s’annule ; quand le contrat s’arrête en cours de période, il reste un écart — et la convention impose de le solder.

La méthode de comparaison, pas à pas

  1. Repérez la dernière date anniversaire du contrat : la période de comparaison court de cette date à la fin du contrat (préavis inclus) ;
  2. Additionnez les heures réellement effectuées sur cette période, d’après vos relevés mensuels Pajemploi : heures d’accueil réelles, plus les absences de l’enfant qui devaient être payées (convenance personnelle des parents) ;
  3. Calculez les heures déjà rémunérées : heures mensualisées (heures hebdo × semaines programmées ÷ 12) multipliées par le nombre de mois écoulés depuis la date anniversaire ;
  4. Comparez : si les heures réelles dépassent les heures payées, multipliez la différence par le taux horaire brut — c’est la régularisation due, à verser avec le solde de tout compte et à déclarer comme du salaire.

Exemple chiffré

Accueil 40 h sur 44 semaines à 4,50 € brut de l’heure : mensualisation de 660 € pour 146,67 heures payées par mois. Le contrat, dont la date anniversaire tombe en septembre, s’achève fin juin : 9 mois écoulés, soit 1 320 heures payées. Or les relevés Pajemploi totalisent 1 450 heures réellement effectuées — l’accueil s’est concentré sur les mois écoulés, les semaines sans accueil étaient programmées pour l’été. Différence : 130 heures, soit 585 € bruts à régulariser. Sans ce calcul, l’assistante maternelle aurait définitivement perdu ces heures travaillées — et l’employeur s’exposerait à un rappel de salaire aux prud’hommes, majoré le cas échéant.

Et si le décalage est dans l’autre sens ?

Si la salariée a perçu plus que ses heures réelles — rupture juste avant la période chargée —, le trop-perçu lui reste acquis : c’est l’interprétation constante des services de l’État (fiches DREETS), sauf abus manifeste apprécié par le juge. L’employeur ne peut ni le retenir sur le solde de tout compte, ni en demander le remboursement. La mensualisation est un engagement : elle protège la salariée dans les deux sens du calendrier.

Les erreurs les plus fréquentes

  • Oublier purement et simplement la régularisation — l’outil officiel d’estimation ne la détaille pas pas-à-pas, et beaucoup de parents ignorent son existence ;
  • Comparer depuis le début du contrat au lieu de la dernière date anniversaire, alors que les périodes précédentes ont déjà été régularisées (ou auraient dû l’être à chaque date anniversaire) ;
  • Omettre les absences payées de l’enfant dans les heures « réelles » : une absence pour convenance des parents reste du temps payable ;
  • Mélanger heures et euros : la comparaison se fait en heures, la conversion en euros n’intervient qu’à la fin, au taux horaire brut en vigueur ;
  • Déclarer la régularisation comme une indemnité : c’est du salaire, soumis à cotisations, à déclarer comme tel sur la dernière déclaration Pajemploi.

Où trouver les chiffres nécessaires

Tout est dans votre espace employeur Pajemploi : les déclarations mensuelles donnent les heures déclarées mois par mois, et votre contrat fixe les heures hebdomadaires et les semaines programmées. Si vous teniez un cahier de présence (recommandé), il fait foi pour les heures réelles. Notre parcours vous demande ces données brutes, fait la comparaison et produit le détail du calcul dans un document justifié — celui que vous pourrez montrer à votre salariée, qui connaît souvent très bien cette règle.

La régularisation s’ajoute aux autres sommes du solde : indemnité de rupture, congés payés et dernier salaire, dans le calendrier fixé par le préavis.

Pour aller plus loin